Very Big Stress

altalt

Ce film est une arnaque. Enfin pas le film mais son titre français pour être exact. Car le titre original est Visioneers, rien à avoir donc, et si je vous dis que ce n’est pas vraiment une comédie, d’où vient ce nom alors ? Ah d’accord il y a le barbu rigolo de Very Bad Trip, tout s’explique. Des vrais champions nos marketeux, vraiment. Sans parler de l’accroche « LA NOUVELLE COMEDIE EXPLOSIVE », bref… Avec cette même logique imparable The Truman Show aurait du s’appeler The Mask Show ou encore Last Action Hero serait devenu Last Barbarian Terminator. Fans de buddy movie et de señor Chang s’abstenir donc.

De quoi ça parle alors ? Eh bien d’un employé de bureau moyen, joué par Zack Galifianakis donc, travaillant dans la Jeffers Corporation, sorte de multinationale nationale bigbrotherisante, ledit employé succombant de plus en plus aux affres du stress lequel est la cause à des épidémies d’explosion spontanée. 

alt

« Bonjour de Jeffers ! »

Le film n’a pas vraiment de trame marquée, l’employé tombant de plus en plus dans une dépression dans cette société censée comporter des obsessions poussées à l’extrême telles que la productivité, la recherche du bonheur, le sexe etc L’occasion d’assister à un certain nombre de scènes et personnages absurdes, sans doute ce qui décida les marketeux à étiqueter le tout comme comédie. Mais ça ne représente pas vraiment le ton du film qui tient plus de la lente dépression contemplative, le héros étant enfermé dans une relative passivité entrecoupée de rêves, lesquels sont fortement déconseillés pour la santé par les médecins du travail. Il y a donc pas mal de situations drôles, des personnages secondaires comme le frère du « héros » qui se prend à faire de la perche, Roger le coach de vie, le présentateur-prédicateur etc Mais le point de vue adopté du héros, une sorte de brouillard, d’état second de morne désespoir inconscient, imprime à l’ensemble une atmosphère qui ne respire pas vraiment la rigolade. Ce pauvre Zack ne décroche en tout et pour tout guère plus qu’une quinzaine de phrases, avouons que cela a de quoi surprendre quand on s’attendait à du Very Bad Trip. 

Le dénouement du film s’articule autour des rêves du héros, le poussant à se « révolter » tout relativement contre cette société qui s’enfonce de plus en plus dans le totalitarisme. Au vu de ces éléments le film m’a forcément fait penser à Brazil. Le propos du film, la description de cette société capitaliste absurde, les échappatoires oniriques du héros, tout fait penser forcément au film de Gilliam.

Et c’est peut-être le problème du film. A part les côtés réactualisés d’une société poussée dans ses vices, Very Big Stress ou plutôt Visioneers n’offre pas grand chose de plus par rapport à son illustre aîné, que ce soit dans la forme ou le fond. Il n’y a certes pas l’esthétique de Gilliam, la société de Visioneers est beaucoup plus proche de la nôtre que la société orwellienne de Brazil, les délires angéliques de Jonathan Price ont autrement de la gueule que les gentils rêves washingtoniens de Zack G., bref dans les deux films on n’est carrément pas au même niveau pour ce qui est de l’envergure prise.

Peut-être est-ce voulu. Peut-être a t on voulu montrer, par cette société totalitaire et molle, par ses révoltés mous, que le basculement vers des régimes odieux peut se faire avec rien d’autre que les tendances à l’individualisme forcené ou quelque chose comme ça. En fait le film laisse de gros vides que l’on peut s’amuser à combler avec pas mal de théories actuelles que l’on peut y faire rentrer sans trop de contorsions. Personnellement j’aurais préféré un message un peu plus appuyé, quelle que soit la direction dans laquelle on aurait voulu le diriger.

M’enfin, juste pour les déceptions que ce film a du procurer à tous ceux qui espéraient de grosses poilades bien ras du bulbe, je l’apprécie pas mal pour ça. Haha.

alt

Laisser un commentaire