Les nains, de Markus Heitz

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Presque un an après, le blog renaît de ses cendres !

Pas très violemment cependant, on va ré-attaquer gentiment avec une lecture rapide et pas très marquante : le premier tome du cycle des Nains, de Markus Heitz. On m’a beaucoup conseillé de cycle sur un forum, j’ai sauté le pas en me disant que ça n’engageait à pas grand chose. Les Nains se veut un cycle qui revisite le poncif classique de la fantasy en prenant le point de vue d’une race bien ancrée dans le carcan tolkiennien, la race des Nains. Parler de Tolkien n’est pas anodin. C’est évidemment lui qui est à la base de cette race comme faisant partie de la Sainte Trinité Hommes / Elfes / Nains. C’est probablement à lui aussi le constat que les Nains sont souvent les parents pauvres de la fantasy.

Moins glamours que les elfes, après tout les croisements hommes / elfes sont courant en fantasy, curieusement les hommes semblent peu attirés par les charmes des naines. Chez Tolkien comme chez ses successeurs le peuple des Nains est souvent le peuple « gentil » le moins détaillé et mis en avant. Dans la bande, le Nain, c’est un peu l’équivalent du noir rigolo dans le film d’horreur, le petit gros dans le groupe de gamins, bref le caution morale mettant bien en valeur la rectitude du héros qui trouve dans le Nain un compagnon aux abords revêches mais au cœur doux.

Injustice ! a dû pensé Markus Heitz. Les Nains méritent mieux ! Il s’est donc attelé à les mettre en lumière, au premier plan de tout un cycle même, en leur donnant les premiers rôles ! Alors ça a donné quoi ? Ben un truc moyen.

Les Nains, ça me fait penser aux campagnes électorales. Vous savez, quand les médias sont plus ou moins forcés de donner plus de place aux représentants de mouvements minoritaires pour qu’ils puissent s’exprimer équitablement. Au final, ils ont eu plus de place pour parler, certains mêmes ont pu se montrer devant le plus grand nombre, mais cette place que l’on leur aura ménagée aura t-elle fait une différence ? Rien n’est moins sur.

Dans les Nains, c’est sur, on voit beaucoup plus de nains que d’habitude, ils se retrouvent même au cœur de certaines des intrigues mais ont-ils pour autant retrouvé toute la place qu’ils méritent ? Pour moi c’est loin d’être évident. L’intrigue principale est une sombre histoire tout à fait classique concernant des hommes, magiciens confrontés à une invasion de dark machins. Les Nains sont contonnés à un rôle de chiens de garde pas méchants mais un peu bêbêtes quand même. Certes le héros principal est un Nain, mais quel Nain ? Bébé et sans doute orphelin, le jeune héros est recueilli par un big magicien et élevé parmi les hommes. Oh il aime bien forger un peu de fer (sic) mais il aime surtout bouquiner et n’a jamais eu la chance de rencontrer quelqu’un de son espèce. C’est un peu dommage, je trouve, que pour un cycle dédié aux Nains, le héros ne soit pas complètement un Nain mais une sorte d’homme bizarre, une déclinaison de l’Elu en fait. Quelque part c’est comme si l’auteur n’a pas voulu aller jusqu’au fond de sa démarche, au risque de dérouter trop hardiment le lecteur de fantasy habituel.

Remarquez, les autres Nains pur jus ne sont guère plus satisfaisants. On nous as promis dans une préface des Nains profonds, avec une culture riche et au coeur des récits. Force est de constater que les Nains proposés ne sont guère différents de ce que l’on peut voir ailleurs. Ils aiment vivre dans les montagnes, creuser des cailloux, la bière et le fromage puant. Et pas grand chose de plus. Ah si, ils n’aiment pas les Elfes. Parce que c’est comme ça et que si ils peuvent faire la nique, ben ils le feront tiens ! Bref.

Notez que je n’ai lu que le premier tome français, qui correspondrait à ce que j’ai compris à la moitié d’un tome anglais. Mon avis est donc sans doute basé sur une lecture partielle. Mais cet échantillon ne m’a pas vraiment encouragé à poursuivre, surtout qu’en regardant j’ai vu qu’il y avait un paquet de tomes derrière. Ce n’est pas désagréable à lire mais le livre souffre quand même d’un manque de punch certain, d’une ébauche d’univers somme toute classique mais encore brouillonne, avec le sentiment rédhibitoire que les promesses ne sont pas tenues et que sous couvert d’un point de vue original, celui des Nains, on nous serve quelque chose de tiède et réchauffé.