La Moïra, de Henri Loevenbruck

Deuxième oeuvre faisant partie de mon parcours en fantasy française : La Moïra, de Henri Loevenbruck.

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La Moïra. Comment ça se prononce ? La moira, la moillera, la mo-ira ? Après tout on s’en fout, en plus je ne sais même plus à quoi ça correspond dans cette trilogie. Eh oui encore une trilogie dans ce nouvel essai de fantasy française par Henri Loevenbruck. Un essai que je dois à France Loisirs, qui s’est mis il y a une petite d’années à éditer un peu de fantasy en sortant quelques valeurs sures préexistantes en France en grand format. Il y avait notamment du Robin Hobb et financièrement parlant, ça avait ses avantages quand on voulait lire les Aventuriers de la mer sans se cogner tous les tomes grand format proposés par les gentils gens de Pygmalion. Mais je m’égare et revenons en à la Moïra.

Cette trilogie suit les aventures d’une jeune fille de basse extrace dont j’ai oublié le nom mais qui finit probablement en « a ». Celle-ci se verra proposer une quête afin de contrecarrer un antédiluvien méchant et sera aidé en cela par un papy magicien et parfois par une bande de loups. Dit comme ça, ça paraît bâteau et ce n’est pas qu’une impression. Les personnages, les ressorts de l’intrigue, l’univers labourre copieusement les sentiers battus. Dans mon souvenir ce n’est pas trop désagréable à lire, ça passe même assez vite, juste l’impression de ne jamais s’écarter du vu et revu donne une impression de monotonie, un peu comme à bord d’un TGV à pleine vitesse où on s’endort à regarder les monticules de terre et de mauvaise herbe entourant ls voies.

Je n’ai ressenti que peu d’emptahie pour le personnage principal, kitchen girl sans relief. Juste une chose qui m’a agacée à son sujet, c’est son traitement par la Force Invisible. Eh oui notre gamine dispose mystérieusement de pouvoirs mystérieux, occasionnant force passage du genre « Champouina se sentit envahie d’un sentiment étrange, comme une vague de sérénité montant lentement du plus profond de son être, apaisant tous ses doutes et ouvrant les yeux, mue par une force intérieure à la fois nouvelle et très ancienne, elle sut ce qu’elle devait faire ». Oui je sais que cette ficelle Jeanne d’Arc est loin d’être rare en fantasy mais dans ces bouquins son recours systématique m’a barbouillé l’estomac.

Une autre chose qui m’a bien agacée, ce sont les loups. Pour autant, à voir les titres et les couvertures des tomes, c’est limite si on n’aurait pas du appeler ça la trilogie des loups. Leur importance devait être considérable, or il n’en a rien été. La gamine fait des rêves de sa copine la louve, à part ça quelles sont leurs interactions ? Aucune. La place des loups dans l’intrigue ? J’ai cherché. Ah si à un moment donné tous les copains de la louve arrivent en pleine bataille dans un magnifique deus ex machina, voilà, dans le plus pur style des aigles débarquant à la bataille des Cinq Armées. Quel intérêt à avoir foutu des loups dedans alors ? Je ne sais pas vraiment. Les loups, ça fait bien. Une gamine qui rêve d’un loup, c’est mignon, ça fait wiccan peut-être. En tout cas, superflu, c’est l’adjectif qui ne m’a pas quitté tout au long de la lecture.

Donc encore un essai non transformé. J’avoue qu’après la lecture je me sentais un peu berné. C’était plutôt avec des bons echos que j’avais entamé Fetjaine et Loevenbruck, chaque fois achetant d’un coup les trilogies, et chaque fois un os. La fantasy française avait-elle vraiment autant de retard ? Avais-je des goûts de chiottes ? Ou bien encore avais-je développé inconsciemment des préjugés sur les auteurs français ? La suite au prochain épisode !

ps : On trouve la Moïra chez Bragelonne en grand format, chez J’ai Lu en petit et peut-être encore chez France Loisirs.

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